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Comment nous comportons-nous avec les autres espèces ?

 

Ce texte a été publié dans le numéro 22 du fanzine Ufo Log

 

L’une des principales questions que se pose l’ufologie ne devrait-elle pas avoir trait à la maîtrise de l’extraordinaire agressivité de notre espèce envers tout ce qui n’est pas humain ?

L’une des hypothèses avancées pour expliquer le phénomène ufologique est en effet que notre planète reçoit la visite d’extraterrestres intelligents et pacifiques, inquiets de l’usage que nous faisons de l’énergie atomique. Ce qui expliquerait que le nombre d’observations ait explosé depuis la Seconde Guerre Mondiale, c’est-à-dire depuis que nous employons cette énergie à des fins militaires. Il existe certes d’autres hypothèses pour expliquer le phénomène ufologique, mais celle-là n’est pas la moins vraisemblable et mérite autant d’attention que les autres.

Si le nombre d’observations d’ovnis a explosé depuis que nous employons l’énergie nucléaire à des fins militaires, ce n’est certainement pas parce que nos éventuels visiteurs sont animés d’intentions malveillantes. Si cela avait été le cas, ils n’auraient pas attendu que nous disposions de cette énergie pour nous neutraliser, car s’ils nous observent, ce n’est pas seulement depuis avant-hier. En astrophysique, l’unité de mesure temporelle est en effet plus souvent la dizaine de millions d’années que le millénaire, et l’Univers existe depuis une quinzaine de milliards d’années. Statistiquement, il est donc quasiment impossible que deux civilisations géographiquement proches arrivent à la maîtrise de l’énergie nucléaire et des voyages interplanétaires à quelques millénaires d’intervalle. À quelques dizaines de millions d’années d’intervalle par contre, c’est déjà beaucoup moins improbable. L’avance technologique de nos éventuels visiteurs leur a donc largement laissé le temps d’anticiper nos « progrès » militaires. S’ils ne sont pas intervenus avant, c’est qu’ils ne souhaitaient pas le faire et c’est un argument fort en faveur de leur caractère pacifique.

Le danger vient plutôt de nous. Comment pourrions-nous imaginer entretenir des relations pacifiques avec des espèces non terrestres si nous en sommes déjà incapables avec les espèces terrestres ? Nous questionnons-nous souvent sur la nature de nos relations avec les espèces non humaines ?

Lorsque l’on sait ce que notre connaissance de la psychologie humaine doit à l’expérimentation animale, l’on peut en déduire l’extrême proximité des univers mentaux humains et animaux. Les psychologues se sont en effet longtemps appuyés sur des expériences menées sur des animaux pour comprendre leurs congénères humains. Ces expériences révèlent à peu près toutes que les émotions, la sensibilité, la mémoire et l’intelligence humaines et animales présentent de très grandes similitudes. Je ne mentionnerai pour mémoire que les célèbres travaux de Henri Laborit portant sur l’inhibition de l’action[1], popularisés en 1980 par le film Mon oncle d’Amérique d’Alain Resnais. Ses expériences furent menées sur des rats de laboratoire, mais leurs conclusions appliquées avec justesse à la psychologie humaine. Connaissant cette proximité entre notre univers mental et celui des autres espèces, et la façon dont nous traitons ces espèces – qui se résume le plus souvent à des exterminations de masse dans le simple but de consommer leur chair – comment pourrions-nous envisager des relations pacifiques avec des espèces bien plus différentes encore, puisqu’elles appartiennent à un système biologique non terrestre ?

 Pourquoi la nature agressive des relations que nous entretenons avec les êtres intelligents, sensibles et proches de nous que sont les animaux ne peut-elle pas être remise en question, même par les ufologues et amateurs d’ufologie, censés figurer parmi les plus aptes à envisager que nous soyons un jour confrontés à des êtres non terrestres et non humains venus nous visiter pacifiquement ? Pourquoi rencontre-t-on aussi peu de végétariens dans les repas ufologiques, et pourquoi un menu végétarien n’est-il parfois même pas proposé ?

Cette question me semble liée à une caractéristique surprenante des récits de rencontres rapprochées qui abondent dans la littérature ufologique. Cette caractéristique veut qu’aussi bien les ufologues que les témoins de ces rencontres évoquent des races plutôt que des espèces extraterrestres pour désigner nos visiteurs. Comme si ces visiteurs appartenaient à la même espèce que nous, l’espèce humaine, mais à une race différente. Ce qui serait une grotesque aberration biologique, mais le lapsus est si fréquent qu’il en devient presque universel. Et il montre finalement que si les êtres humains se révèlent parfois capables de témoigner, lorsqu’ils y sont confrontés, un peu de respect à des êtres plus avancés qu’eux sur le plan technique, ce respect implique que ces êtres soient reconnus comme humains. Or ils ne le sont pas, et il faudra peut-être nous y habituer.

Martin Luther King disait déjà à propos des relations entre humains : « Il faudra nous habituer à vivre tous ensemble comme des frères, ou bien nous périrons tous ensemble comme des imbéciles ». Il avait raison, et peut-être pouvons-nous espérer qu’un jour nous serons capable de penser ainsi également à propos des relations entre humains et non humains.



[1] Henri Laborit L’inhibition de l’action, Masson, Paris, 1980.

 

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