Les pets des vaches européennes redoutables en termes d'effet de serre

Lundi 12 septembre 2005, 11h06

Yahoo France Actualités

BRUXELLES (AFP) - Les pets de vaches nuisent à l'environnement et contribuent à faire de l'agriculture la principale source de gaz à effet de serre au sein de l'Union européenne malgré une tendance à la baisse, selon des données d'Eurostat.

L'agriculture pèse 10% des émissions de gaz à effet de serre de l'UE élargie à 25 Etats membres, loin derrière la production d'énergie (81%) mais devant tous les autres secteurs, d'après ces statistiques. Les émissions d'origine agricole ont diminué de 6% entre 1999 et 2003, note cependant Eurostat.

L'agriculture peut également contribuer à lutter contre les gaz à effet de serre en contribuant à une production accrue d'énergies renouvelables, ajoute l'office européen en pointant une augmentation de 47% de la consommation de biomasse entre 1993 et 2003.

Dans l'ancienne UE à 15, les principales sources d'émissions de gaz à effet de serre imputables à l'agriculture sont la fermentation entérique (32%), la gestion des effluents d'élevage (20%) et les émissions provenant de sols agricoles (48%), selon Eurostat.

Le cheptel bovin contribue aux deux premières catégories à hauteur de 84% et 35%. Les vaches laitières, bien qu'elles ne représentent que 7% des troupeaux, produisent à elles seules un tiers des émissions générées par la fermentation entérique et un sixième de celles liées à la gestion des effluents.

La réduction des émissions de gaz à effet de serre imputables à l'agriculture s'explique principalement par la diminution de 6% du cheptel total (bovins, ovins, porcins) entre 1995 et 2004, souligne Eurostat. Au cours de cette période, le nombre de vaches européennes est tombé de 98,6 à 86,4 millions de têtes.

 

L'élevage contribue beaucoup au réchauffement climatique

 05 Décembre 2006

Le Monde

MANGER de la viande nuit à l'environnement. C'est la conclusion à laquelle parvient l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) qui a rendu public, mercredi 29 novembre, un rapport consacré à l'impact écologique de l'élevage. Celui-ci est " un des premiers responsables des problèmes d'environnement ", affirme un des auteurs, Henning Steinfeld.

Mesurée en équivalent CO2, la contribution de l'élevage au réchauffement climatique est plus élevée que celle du secteur des transports. L'activité est responsable de 65 % des émissions d'hémioxyde d'azote, un gaz au potentiel de réchauffement global 296 fois plus élevé que celui du CO2, essentiellement imputable au fumier. De plus, le bétail produit 37 % des émissions de méthane liées aux activités humaines. Ce gaz, produit par le système digestif des ruminants, agit vingt-trois fois plus que le CO2 sur le réchauffement.

Les pâturages occupent 30 % des surfaces émergées, alors que 33 % des terres arables sont utilisées pour produire l'alimentation du bétail - et ces surfaces sont insuffisantes pour répondre à la demande, ce qui entraîne le défrichage de forêts. D'autres dégâts sont énumérés : 20 % des pâturages sont dégradés par une surexploitation entraînant le tassement et l'érosion du sol ; l'activité compte aussi " parmi les plus nuisibles pour les ressources en eau ".

La hausse du niveau de vie s'accompagne d'une consommation plus importante de viande et de produits laitiers. La production mondiale de viande devrait donc plus que doubler d'ici 2050, passant de 229 à 465 millions de tonnes. Les auteurs du rapport rappellent que la viande constitue un apport en protéines primordial pour les populations mal nourries et que l'élevage fait vivre 1,3 milliard de personnes. " Il s'agit souvent de la seule activité économique possible pour les populations pauvres ", écrivent-ils.

Diverses pistes sont proposées pour limiter les dégâts de l'élevage, comme l'amélioration de l'alimentation animale. La FAO suggère que, en outre, cet impact pourrait être " fortement diminué " si " la consommation excessive de produits animaux parmi les populations riches baissait ". Un Indien consomme en moyenne 5 kg de viande par an, contre 123 kg pour un Américain.

Gaëlle Dupont

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